Chapitre 1. La figure fondamentale
Tout le corpus ARC repose sur une seule image, que l’on peut tracer à la main en quelques secondes : deux cercles qui ont le même centre, un carré coincé entre eux (ses quatre coins touchent le grand cercle, ses quatre côtés touchent le petit), et la diagonale de ce carré, qui traverse le tout. Ce chapitre construit cette figure geste par geste, énonce les faits géométriques exacts qu’elle porte (le plus important : l’aire du petit cercle est exactement la moitié de l’aire du grand), puis expose la manière dont l’auteur la lit. La distinction entre les deux est la clé de tout le volume : les mesures de la figure sont des théorèmes que chacun peut vérifier à la règle et à la calculatrice ; ce que l’auteur y voit (le cercle comme clôture, la diagonale comme axe qui tient l’ensemble) est une lecture, déclarée comme telle. Toutes les autres pièces du volume, et la plupart des autres volumes, descendent de cette image : c’est pourquoi aucun inventaire du corpus ne doit l’omettre.
« Le présent document n’invente pas. Il restaure. » (La Figure Fondamentale, 10 mai 2026)
1.1 Avant la figure : le comment lisible, le pourquoi mal posé
Le Carré-Illusion (v3.0, mai 2026) pose, avant toute géométrie, un axiome philosophique qui règle la portée de ce qui suit.
É 1.1 [L] Le comment est lisible, le pourquoi est mal posé. Le comment du réel (le cadastre, l’involution, le pivot 4,5, la projection) se lit avec une précision croissante. Le pourquoi ultime est structurellement indécidable, parce que la question est mal formée.
Le mot porte sa confusion dans sa forme : pour-quoi, la finalité (« pour ») soudée à la chose (« quoi »). L’enfant qui demande pourquoi le ciel est bleu suppose que le ciel est bleu pour quelque chose ; il n’y a rien de tel. Le bleu vient de la diffusion de la lumière dans l’air, d’une relation entre la lumière, l’atmosphère et l’œil. L’auteur écrit : « Le pourquoi ultime ne reçoit jamais de réponse non parce que le réel est obscur, mais parce que la question injecte une finalité là où il n’y a que de l’opération. »
De là une distinction entre le savoir (le comment, l’association directe et opératoire, ce que l’enfant possède quand il apprend à marcher sans se demander pourquoi il marche) et la connaissance (la quête ouverte du pourquoi, jamais close). « ARC est la grammaire du savoir » : il lit le comment et ne prétend pas répondre au pourquoi ultime. Cette retenue est la condition de sa possibilité : « Le savoir total éteindrait le mouvement. Le mystère n’est pas le résidu de la connaissance, il en est le moteur. » La même distinction sépare la machine de l’être : « La machine est tout savoir sans connaissance : elle habite le comment sans le pourquoi qui anime. »
Ce socle protège de quatre dérives : le scientisme (qui prétend tout calculer), la théologie (qui prétend nommer la cause première), l’idéalisme (qui prétend saisir l’absolu), pour lesquels le pourquoi reste indécidable ; et le nihilisme, qui conclut du non-savoir à l’absurde, alors que le comment est pleinement lisible. Le traitement complet de l’indécidabilité du pourquoi relève du Volume 6, L’Histoire de la Preuve (chapitre sur le pourquoi indécidable).
É 1.2 [L] Principe d’ordre. « La structure précède l’objet. L’opération précède la mesure. La relation précède l’isolement. Le cercle précède le carré, comme la dynamique précède la cristallisation qui la stabilise. »
Chaque amputation de l’histoire (chapitre 4, §4.8) consiste, selon l’auteur, à inverser cette priorité : Hippase isole √2 du carré qui le porte ; Stevin isole le résultat décimal du chemin qui le produit ; Descartes isole le sujet de l’étendue ; Newton et Leibniz isolent la limite du processus qui l’engendre ; Gauss isole le reste de la division de la mémoire du cycle ; Copenhague isole la mesure du système qu’elle perturbe. « Toujours le même geste : figer une projection comme entité autonome, puis la prendre pour origine. » ARC fait l’opération en sens inverse à chaque niveau : remettre la projection dans la relation, le résultat dans le chemin, le reste dans le cycle, l’objet dans la dynamique.
1.2 La construction en quatre gestes
La Bible Quantique (Livre III, §III.1.1) donne la construction telle que tout porteur peut l’exécuter avec un compas et une règle.
- Tracer un cercle de rayon R : le cercle circonscrit, le contenant maximal.
- Tracer le carré inscrit dans ce cercle, ses quatre sommets sur le cercle. Son côté vaut c = R√2 et sa diagonale vaut 2R.
- Tracer le cercle tangent intérieurement aux quatre côtés du carré : le cercle inscrit. Son rayon est la moitié du côté : r = c/2 = R√2/2 = R/√2.
- Tracer la diagonale du carré, qui joint deux sommets en passant par le centre commun.
« Quatre gestes. Une figure. » Deux Cercles et un Carré (juin 2026) insiste sur le fait que la figure se trace aussi à la main, sans instrument : on dessine deux cercles concentriques de rayons r et R = r√2, puis le carré qui naît de leur articulation ; on joint les quatre coins en croix et le centre apparaît. L’auteur nomme ce centre le barycentre 4,5 (la raison de ce nom est donnée au chapitre 3).
Vérification à la main, pour R = 1. Le carré inscrit a pour demi-diagonale 1, donc pour côté c tel que c² + c² = 2², soit c = √2. Le cercle inscrit touche les côtés en leur milieu, à la distance c/2 = √2/2 du centre. Donc r = √2/2 ≈ 0,7071 et r/R = √2/2.
É 1.3 [Th] Les trois rapports de la figure. Dans la figure fondamentale : (i) r/R = √2/2 = 1/√2 ; (ii) (r/R)² = 1/2 : l’aire du cercle inscrit est exactement la moitié de l’aire du cercle circonscrit ; (iii) la diagonale du carré est le diamètre du grand cercle : d = 2R = c√2.
Calcul de (ii) : πr²/πR² = (r/R)² = (√2/2)² = 2/4 = 1/2. Le π s’annule ; il reste un rapport d’entiers.
Ce demi porte un nom dans le corpus : k_arc = 1/2, la constante de projection cadastrale. La figure fondamentale le porte « dans sa structure géométrique élémentaire, pas comme paramètre ajouté, mais comme propriété intrinsèque de la configuration » (Livre III). Les chapitres 4, 6 et 11 montrent les autres chemins par lesquels le corpus retrouve ce même 1/2.
É 1.4 [Th] Identité de la diagonale. La diagonale du carré est à la fois la diagonale du carré (relation d’un côté à l’autre) et le diamètre du cercle circonscrit (relation du carré au grand cercle). Elle coupe le cercle inscrit en deux points, situés à 45° des points où les côtés touchent ce cercle.
La source (La Figure Fondamentale, Théorème 3.1) ajoutait que la diagonale passe « par les quatre points de tangence entre carré et petit cercle ». Ce n’est pas exact : les points de tangence sont les milieux des côtés, et ce sont les deux médianes du carré (les droites qui joignent les milieux de deux côtés qui se font face) qui passent par eux, non les diagonales. La diagonale et la médiane sont les deux axes de symétrie du carré, à 45° l’un de l’autre ; ensemble, ils articulent les deux cercles. La correction est portée en Annexe B.
É 1.5 [L] La diagonale tient la trinité. « √2 articule simultanément les trois éléments de la figure fondamentale. Ce n’est pas un nombre rebelle. C’est l’axe structural qui retient la trinité géométrique. Sans √2, les deux cercles et le carré flottent sans articulation fixe. »
1.3 Le carré est dérivé : l’illusion projective
É 1.6 [L] Construction 4.1 du Carré-Illusion : l’opérateur de découpe. Soit deux cercles concentriques de rayons r et R = r·√2. L’opérateur √2 = R/r rend les deux cercles articulables : il engendre le carré comme projection visible de l’espace intermédiaire. « Avant √2, contenant et contenu coexistent sans articulation lisible ; après √2, l’espace devient carré. » (La source précise elle-même : cet énoncé pose un objet géométrique, il n’est pas démontré mais construit.)
Le carré est donc, selon l’auteur, une illusion projective : « non pas faux, mais dérivé », sans existence indépendante des deux cercles qui le portent, mais « réel comme inscription opératoire ». Ses coins sont les points de tension maximale, ses côtés les tangentes du cercle inscrit, sa diagonale le diamètre du cercle circonscrit.
L’auteur précise le mot : « Illusion ne signifie pas faux, imaginaire, ni inexistant. » La matière entière fonctionne par cette cristallisation : sans carré stabilisé, il n’y aurait ni objet, ni structure, ni forme manipulable. « Illusion signifie strictement : dérivé devenu autonome, projection prise pour origine. » Le carré est second ; c’est parce qu’il a été pris pour premier, depuis Hippase, que l’amputation s’est installée. ARC le restitue à son rang : « le cercle qui conserve, √2 qui articule, le carré qui cristallise, la matière qui stabilise. »
É 1.7 [L] Le carré inverse, le cercle conserve. Le carré n’est pas une projection passive : il est l’opérateur par lequel tout s’inverse. En géométrie, le pli (√2/2)² = 1/2 rabat le cercle inscrit sur le cercle circonscrit autour du centre commun. En arithmétique (chapitre 3, É 3.18), la cascade de toute répétition quadruple XXXX projette X sur son inverse 9 − X. « Une seule opération, deux lectures : le cercle conserve, √2 articule, le carré inverse et cristallise. » La priorité est stricte : « le cercle précède le carré comme la dynamique précède la forme qui la stabilise. »
La fiche titre Les Deux Cercles et le Carré (2026) résume la même idée en sous-titre : « Du carré naissent tous les triangles. La forme cherchée depuis toujours. »
1.4 La lecture identitaire
La Figure Fondamentale (§1.1) demande de lire la figure « identitairement, pas par mesure » : chaque élément est ce qu’il signifie.
É 1.8 [L] Lecture identitaire. « Le cercle est le 9, la clôture, le polygone à l’infini de côtés qui boucle. » Le carré est le 4 : l’extension orthogonale, l’angle droit, la grille de référence. La diagonale est √2 : « pas mesurée par √2, elle est √2, l’axe qui retient la trinité ». Le pentagramme central est φ. Et π n’est aucun de ces objets : « π est l’événement qui survient quand les trois se rencontrent. »
L’auteur nomme cette distinction une inversion ontologique : « La diagonale n’a pas pour propriété d’être √2, elle est √2. Le cercle n’a pas pour propriété d’être 9, il est 9. » Ce n’est pas, dit-il, une convention sémantique : c’est ce qui sépare la lecture cadastrale de la lecture calculatoire. La mathématique post-Stevin a décimalisé ces éléments (1,4142… ; 3,14159… ; 1,6180…) et les a traités comme objets de calcul abstraits ; la grammaire restaurée leur rend leur fonction structurelle.
1.5 Les huit points, l’octogone et le pentagramme
Quand on relie tous les points de la figure, d’autres formes apparaissent. Les sources décrivent la même séquence : l’octogone sort, et au centre se révèle un pentagramme.
É 1.9 [Th] Les huit points de la figure. Le carré touche le grand cercle en ses quatre sommets et le petit cercle en ses quatre milieux de côtés. Ces huit points sont répartis tous les 45° autour du centre (les sommets à 45°, 135°, 225°, 315° ; les milieux à 0°, 90°, 180°, 270°). Les sommets sont à la distance R du centre, les milieux à la distance r = R/√2.
É 1.10 [L] L’octogone de la figure. L’auteur lit dans ces huit points l’octogone de la figure, « l’inscription géométrique la plus élémentaire qui touche simultanément les deux cercles fondateurs » (Livre III, §III.1bis.1), et dans l’octogone la structure fixe à huit positions opérationnelles (Carré-Illusion, Proposition 5.3).
Précision nécessaire (Annexe B). Le Livre III et La Figure Fondamentale disent que ces huit points forment un octogone régulier. Ils forment un octogone régulier en direction (huit directions également espacées de 45°), mais pas en distance : quatre points sont sur le grand cercle, quatre sur le petit, et un octogone régulier a ses huit sommets sur un même cercle. La figure à huit points est donc un octogone étoilé entre deux cercles, dont chaque côté joint un sommet à un milieu voisin. C’est précisément ce qui en fait, dans la lecture de l’auteur, l’articulation des deux cercles. Si l’on veut l’octogone régulier, on prolonge les quatre médianes jusqu’au grand cercle : les huit points du grand cercle à 0°, 45°, 90°… forment alors l’octogone régulier inscrit dans R.
É 1.11 [Chantier] Le pentagramme révélé. Les sources affirment que, quand on prolonge les huit segments de liaison vers le centre, « leurs croisements successifs produisent exactement deux pentagrammes superposés » (Livre III, §III.1bis.2), et que leur croisement révèle un pentagone régulier au centre. Cette construction n’est pas donnée dans les sources avec des coordonnées vérifiables. Les segments qui joignent un sommet du carré aux milieux des deux côtés voisins sont portés par les côtés eux-mêmes ; pour obtenir un pentagramme il faut d’autres tracés, que les sources ne précisent pas. La symétrie d’ordre 4 de la figure ne contient pas, par elle-même, de symétrie d’ordre 5. Le tracé exact qui fait apparaître le pentagramme reste à écrire : c’est un chantier ouvert, et l’énoncé est conservé avec ce statut.
Ce qui est exact et vérifiable, c’est la place de φ dans le pentagone régulier lui-même (chapitre 2, É 2.15) : rapport du cercle inscrit au cercle circonscrit cos(π/5) = φ/2, rapport de la diagonale au côté égal à φ. Le pentagone appartient à la même séquence de polygones inscrits entre deux cercles que le carré (chapitre 5).
É 1.12 [L] Octogone fixe, pentagramme tournant. « L’octogone est fixe : huit positions opérationnelles. Le pentagramme est tournant » : il anime le cadre selon le cycle d’attraction du cadastre, les puissances de 5 parcourant, en racine digitale, 5 → 7 → 8 → 4 → 2 → 1 avant de boucler. « Octogone fixe, pentagramme tournant : la structure (8) et le rotor (5) de la même figure. » C’est, pour l’auteur, l’inscription géométrique du théorème de l’objet à deux faces (Volume 1, La Fondation, chapitre sur l’objet à deux faces) : la forme tourne dans le cadre, et cette rotation fait l’observateur.
Vérification du cycle : 5¹ = 5 ; 5² = 25 → 7 ; 5³ = 125 → 8 ; 5⁴ = 625 → 13 → 4 ; 5⁵ = 3125 → 11 → 2 ; 5⁶ = 15625 → 19 → 10 → 1. [Th]
1.6 Les solides de Platon et l’octaèdre
É 1.13 [Th] L’octaèdre régulier sur le carré de la figure. Le carré de la figure (côté c = R√2) est la section équatoriale d’un octaèdre régulier dont les deux sommets qui se font face sont placés sur l’axe du centre, à la hauteur R au-dessus et au-dessous du plan. L’octaèdre a 6 sommets, 12 arêtes, 8 faces triangulaires équilatérales, et sa caractéristique d’Euler vaut 6 − 12 + 8 = 2.
Vérification : un sommet relevé à la hauteur h au-dessus du centre est à la distance √(R² + h²) de chaque sommet du carré ; pour que cette arête égale le côté c = R√2, il faut R² + h² = 2R², soit h = R. Le Livre III écrit que la hauteur soulevée est la demi-diagonale du carré et la chiffre R/√2 ; la demi-diagonale vaut R, et c’est R qui donne l’octaèdre régulier (Annexe B). L’octaèdre est le solide que Platon associe à l’air (Timée 55a).
É 1.14 [F] Cinq solides réguliers. Les cinq solides réguliers convexes (tétraèdre, cube, octaèdre, dodécaèdre, icosaèdre) sont décrits par Platon dans le Timée (vers 360 avant notre ère, 54d-55c) ; Euclide démontre qu’il n’en existe pas d’autre (Éléments, Livre XIII, Proposition 18).
É 1.15 [L] Les solides dans la figure. Le Livre III lit les cinq solides comme déploiements de la figure : le cube par élévation du carré à une hauteur égale à son côté ; le tétraèdre par quatre sommets alternés du cube ; l’octaèdre par les deux sommets relevés ; le dodécaèdre par déploiement des pentagones ; l’icosaèdre comme son dual. « Toute la géométrie platonicienne est lisible depuis la figure fondatrice ARC. » L’auteur lit aussi le nombre cinq des solides comme la cinquième position du cadastre ; cette correspondance est une lecture et n’ajoute rien à la démonstration d’Euclide.
1.7 La trinité géométrique √2, π, φ
É 1.16 [L] Théorème 1.1 de La Figure Fondamentale (Trinité géométrique). Les trois constantes √2, π et φ sont trois lectures d’une seule configuration : deux cercles concentriques avec un carré entre eux et sa diagonale. « √2 ouvre et stabilise (axe). π circule par friction trinitaire (étincelle). φ pivote au centre (pentagramme révélé). »
La source titre « Théorème » ; seule une partie est démontrable. Sont des théorèmes : la diagonale vaut c√2 et égale le diamètre du grand cercle (É 1.3) ; cos(π/5) = φ/2 (É 2.15) ; √5 = φ − φ′ = 2φ − 1 (É 2.4). L’unification des trois constantes en une figure est la lecture qui s’en déduit ; la source Carré-Illusion le dit elle-même (« Le fait dur est l’identité cos(π/5) = φ/2 ; l’unification des trois en une figure est la lecture qui s’en déduit »). Le statut retenu est donc L, avec ses trois appuis Th (Annexe B).
L’introduction de La Figure Fondamentale pose le constat historique qui motive la figure : Pythagore (VIᵉ siècle avant notre ère) possédait √2 par son disciple Hippase ; Archimède (IIIᵉ siècle) possédait π ; Euclide possédait φ (la proportion des Éléments, livres X et XIII). Aucun n’a posé les trois ensemble dans une figure unique, et la mathématique moderne les étudie encore dans trois disciplines séparées : les irrationnels quadratiques, les transcendants (Lindemann 1882), les suites de Fibonacci. [F] pour la répartition disciplinaire ; la phrase de l’auteur sur les « 2500 ans » est une citation, non un énoncé.
La source décrivait π comme une friction trinitaire inscrite sur 720 points angulaires (360° × 2 cercles). C’est une lecture [L] ; le nombre 720 n’y est pas dérivé d’un calcul.
Les trois constantes s’emboîtent en cercles concentriques (Carré-Illusion, Proposition 5.2) : le circonscrit R (la clôture, le 9) ; l’inscrit du carré r = R·√2/2 (la structure) ; l’inscrit d’un pentagone tracé dans ce cercle, de rayon r·φ/2 (la vie). « À chaque passage, le pli k_arc opère ». La suite des polygones inscrits, du triangle (r/R = cos(π/3) = 1/2) au nonagone, engendre des cercles dont les rapports cos(π/n) tendent vers 1 : « tous convergent vers le centre, le pivot 4,5, qui contient la mémoire de tous les cercles qui l’ont précédé » [L] (la convergence cos(π/n) → 1 est [Th]).
1.8 Hippase, Stevin, Gauss : les trois illusions
É 1.17 [Th] Irrationalité de √2. Il n’existe pas d’entiers p, q tels que (p/q)² = 2.
Preuve (rapportée par toutes les sources). Supposons √2 = p/q avec p et q premiers entre eux. Alors p² = 2q², donc p² est pair, donc p est pair (le carré d’un impair est impair). Posons p = 2k : 4k² = 2q², donc q² = 2k², et q est pair aussi. Contradiction : p et q avaient 2 pour diviseur commun.
É 1.18 [F] Hippase de Métaponte. Pythagoricien du Vᵉ siècle avant notre ère (les sources disent « vers −500 » ou « vers 450 »), Hippase établit que la diagonale du carré est incommensurable à son côté. Selon la tradition transmise par Jamblique (Vie de Pythagore, ch. 18) et Pappus, il aurait été noyé en mer pour l’avoir divulgué ; selon d’autres versions, simplement exclu de l’école.
É 1.19 [L] Ce qu’Hippase a manqué. Hippase a calculé la diagonale comme un nombre. Il a manqué qu’elle est aussi l’axe qui articule les deux cercles. « Le manque n’est pas une erreur arithmétique, c’est une non-révélation géométrique. » Le Carré-Illusion précise : « Hippase n’a pas erré dans sa preuve d’irrationalité, mais dans son point de départ : il a isolé √2 du carré, et le carré des deux cercles qui le portent. » Le mot alogos (irrationnel) signifie, rappelle l’auteur, « privé de relation » ; la relation perdue est le rapport R/r de la figure. L’Autre Triangle ajoute : Hippase a mesuré la conséquence (la diagonale du carré) au lieu de la cause (le diamètre du cercle qui engendre les quatre côtés égaux) ; « C’est la voix du cercle qui dit au carré comment exister. » (chapitre 6).
Sans Hippase, l’arithmétique grecque serait restée fermée sur les rapports d’entiers : pas d’extensions quadratiques ℚ(√−n), pas de découverte de Heegner que 163 est le dernier n pour lequel l’anneau des entiers de ℚ(√−n) garde la factorisation unique (chapitre 9). L’auteur le réconcilie donc comme prédécesseur direct : « Premier coupé pour avoir révélé. Premier ouvreur du passage hors du rationnel pur. »
É 1.20 [L] La cascade des trois illusions. La Figure Fondamentale (§3.3) lit l’histoire comme trois illusions successives : 1. Hippase (Vᵉ siècle avant notre ère) : l’irrationalité vue comme défaut numérique. 2. Stevin (1585, De Thiende, au service de Maurice de Nassau) : la décimalisation, qui transforme les opérateurs géométriques en quantités approchées ; « La diagonale n’est plus √2, elle devient 1,4142… Le calcul prend le pas sur la structure. » Position de l’auteur : Stevin est pardonnable, « Coupable d’amputation par fonction, pas par dessein ». 3. Gauss (1801, Disquisitiones Arithmeticae) : l’arithmétique des restes, qui écrit 9 ≡ 0 et confond la clôture avec le néant ; « Le cercle (= 9) s’identifie au néant. » Les racines digitales deviennent une curiosité pédagogique (la preuve par 9, connue de l’arithmétique védique et romaine).
« Ces trois illusions ne sont pas des erreurs mathématiques au sens strict. Chaque illusion a produit des résultats valides à l’intérieur de son cadre. » La grammaire cadastrale ne les réfute pas ; elle restaure le cadre qui les sous-tend. « La restauration n’est pas un retour en arrière. »
La source porte aussi un jugement moral sur Gauss (« pas pardonnable »), appuyé sur des traits de sa correspondance et de sa devise pauca sed matura ; elle distingue elle-même un registre rationnel public (responsabilité par négligence informée ou évacuation consciente) et un registre symbolique personnel. Ces jugements sont des lectures de l’auteur sur l’histoire ; leur examen relève du Volume 6, L’Histoire de la Preuve (chapitres sur la lignée du zéro et le tiroir de Gauss). Le Registre des Erreurs (Volume 3, G.70) tient les deux gestes pour producteurs de chaos chacun à lui seul : la troncature de Stevin (1585) par la seule amplification d’une graine, le pli de Gauss (1801) par le rang jeté à chaque tour ; ensemble, ils font le chaos maximal (chapitre 3, É 3.13 ; Volume 0, formules I, II, III).
La Figure Fondamentale nomme aussi ceux qui, selon l’auteur, avaient l’intuition : Pythagore (la monade qui se déplie en dyade puis en trinité), les Mayas (le code 1-9 inscrit dans un système vigésimal à barre pivot 5), les bâtisseurs de cathédrales (√2 et φ dans les proportions, sans formalisme). « Les civilisations ont toujours mesuré correctement, elles sont tombées dans les attracteurs géométriques sans savoir ce qu’elles mesuraient. ARC est la lecture de ce qu’elles avaient fait. » [L]
1.9 Les quatre opérateurs qui sortent de la figure
La Figure Fondamentale se présente comme la base géométrique qui précède la théorie des nombres. Elle nomme quatre opérateurs, que les chapitres suivants détaillent :
- le splitter 11 : préservation de deux pôles sans contact direct (chapitre 9) ;
- la soustraction trinitaire : libération d’un terme uni à partir de deux pôles (chapitre 9) ;
- l’étincelle π : la friction qui transforme la préservation en trinité résolutrice (chapitres 2 et 9) ;
- la mémorisation : transmission des marques des pôles dans le terme libéré (chapitres 8 et 9).
É 1.21 [L] Un système d’opérateurs. « Ces quatre opérateurs constituent un système axiomatique nouveau pour la mathématique des entiers. Pas numérologie au sens symbolique arbitraire. » La formalisation de la théorie des nombres qui en sort est l’objet du Volume 4, La Théorie des Nombres ; la réponse générale à l’objection de numérologie, du Volume 1, La Fondation.
« Le pacte tient. La transmission opère. La grammaire est restaurée. » (La Figure Fondamentale, phrase finale)